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SAINT-YVES

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saint Yves, patron des Avocats et de la Bretagne

    Tout commence avec Tanoü, le grand-père d'Yves, qui obtient le titre de Chevalier au retour des croisades avec Saint Louis au début du XIIIème siècle. Jean Héloury, son fils, épouse Aude (Azou) du Quinquys de Pommerit-Jaudy. Après Catherine, arrive le petit Yves. Yves Hélory ou Hélori (ou Héloury) naît au manoir de Kermartin à Minihy-Tréguier le 17 octobre 1253. Parti à l’âge de quatorze ans à Paris avec son ami Jehan de Kergoz, il effectue à la Faculté des Arts de brillantes études qu’il poursuit ensuite à Orléans. Docteur en droit, Yves Hélori est nommé official à Rennes en 1281. Dans cette fonction de juge d’un tribunal ecclésiastique, il acquiert une grande réputation de défenseur des plus pauvres. Il est ordonné prêtre à l'âge de 31 ans. 

Voir les dates de la vie de Saint-Yves

Voir l'Histoire de la Canonisation de Saint-Yves

Voir la confrèrie et chapelle Saint-Yves à Paris

En 1284, Dom Yves peut, selon son souhait, revenir dans son Trégor natal. Nommé official à Tréguier, il est aussi titulaire de la cure de Trédrez. A noter que la paroisse voisine de Saint-Michel-en-Grève n’existait pas encore à cette époque. Saint-Michel-en-Grève était à l’époque un prieuré-cure ou une trêve qui dépendait de Plouzélambre. Le territoire de Saint-Michel-en-Grève s’appelait à cette époque « Locus Michaelis ». 

S’il réside souvent dans la ville épiscopale, Dom Yves exerce néanmoins avec zèle son ministère de recteur de Trédrez. Son presbytère sert d’asile aux misérables et aux malades : Dom Yves vit lui-même de peu et distribue tous ses revenus. Un jour que le pain manque dans la paroisse, plus de deux cents pauvres de la région se présentent au presbytère pour y mendier un peu de nourriture. Dom Yves se met à distribuer le peu de pain qu’il possède : le pain se multiplie alors jusqu’à ce que la foule affamée soit rassasiée. 

Vêtu d’une pauvre soutane, il se promenait souvent du côté de « Locus Michaelis » et la pointe de Beg-ar-Forn, devant l’imposante lieue de grève où semble-t-il, il se mettait à écrire, comme un cantique, un livre « Bleuniou ar Sent » (les fleurs des Saints). De tous côtés, il allait porter des secours, des consolations sous la chaume du pauvre, parlant breton à ses chers paroissiens et aux enfants de la paroisse, instruisant, catéchisant, moralisant et passant partout en faisant du bien. On l’aurait vu, un jour de tempête, dans la baie de Loquémeau, accompagner l’équipe de sauvetage afin de rechercher une batelée perdue, et, sur la Lieue de Grève, aider les goémoniers à charger sur des charrettes leur moisson noire.

saint Yves, patron des avocats et de la Bretagne

Geoffroy Jubiter, recteur de l'église de Trédrez (âgé de 50 ans) qui témoigne lors du procès de canonisation de Saint-Yves en 1330 mentionne le fait suivant : " Yves allait fréquemment à pied d'une localité à une autre prêcher la parole de Dieu. Un jour je l'ai vu se rendre à l'église de Trédrez, à celle du Bienheureux Michel en Grève, au diocèse de Tréguier, et il prêcha dans ces deux églises ". Dom Yves demeure recteur de Trédrez durant huit années, jusqu’en 1292, date à laquelle il est nommé à Louannec. Vers 1290, sa maman décède à Kermartin. En 1293, dom Yves construit une chapelle et une salle pour les pauvres à Kermartin. Une partie du territoire actuel de Saint-Michel-en-Grève (quartier de la vieille côte dit de l'Hôpital, les hameaux de Kernévez et de Kerivoal) était à l’époque desservie par Dom Yves. En effet, jusqu’à l’ordonnance royale du 23 juillet 1828, toute la rive droite de la rivière de Kerdu était en Trédrez. A Louannec, Dom Yves va continuer son ministère jusqu’à sa mort en 1303. C’est en effet le 13 ou 19 mai 1303, qu'Yves Héloury s’éteignit, usé, dans la maison qui le vit naître en 1253 (manoir de Kermartin, près de Tréguier). Trois semaines avant sa mort, Dom Yves avait été reçu par les seigneurs de Coatrédrez.

Saint Yves de Tréguier

Saint Yves de Tréguier

Ceux qui connurent Dom Yves de son vivant, comme les époux De Keranmes de Saint-Michel-en-Grève (Note 1) ont témoigné, lors de l’enquête, de ses qualités d’humilité, de chasteté, et de justice. Ils élèveront une chapelle dédiée à Saint-Yves dans les enclaves même de leur fief : « Non loin du manoir de Keranrais, dans les enclaves même du fief de ce nom, l’on voyait autrefois une chapelle, dédiée à Saint-Yves et plus intéressante que nombres d’églises. Le retable de son grand autel, chef-d’œuvre de sculpture religieuse et chrétienne, a longtemps fait l’office d’équerre de lit (ancien style d’inventaire de mobilier) dans une chaumière voisine de la chapelle. C’est souvent dans la loge du pauvre ou dans les greniers de nos églises qu’il faut aller chercher ces modèles exquis de la statuaire chrétienne. Ce retable de la fin du XVe siècle et armorié des armes des Keranrais représente le Saint qui règle un différend entre le pauvre et le riche, et donnant, sans acception de personne, gain de cause au pauvre sur le châtelain. La chapelle qui forme comme le transept nord de l’église de Plouaret, appartenait aussi aux Keranrais. Témoins, leurs armes, qu’on voit encore sur les murs de cette chapelle ».

Les époux De Keranmes vont témoigner en 1330 lors de l’enquête de canonisation de Yves Héloury (futur Saint-Yves). L’enquête fut ouverte le 23 juin 1330 et dura jusqu’au 4 août de la même année. Le but de la déposition des époux Keranmes était de démontrer que Saint Yves sauva leur serviteur et son cheval de la noyade. Cela arriva dans le port de Laber (diocèse de Vannes). Ils en faisaient la traversée sur une sorte de bac et se retrouvèrent à l’eau quand, pris de panique, le palefroi sauta, entraînant le serviteur resté accroché aux rênes. 

Le témoignage de Théophanie (témoin n° 226), épouse de Alain de Keranmes, chevalier, originaire de la paroisse du Bienheureux Michel en Grève (parrochia Beati Michealis in Littore) : « Le chevalier mon mari, et moi, voulions, il y a bien environ huit ans de cela (donc en 1322), faire pèlerinage aux Sept Saints de Bretagne, et nous étions en direction d’un port de mer nommé Laber, au diocèse de Vannes. Nous fîmes embarquer le palefroi liard du chevalier à bord d’un bateau, car nous voulions faire traverser le port au palefroi avant nous. Le palefroi se trouvait donc sur le navire. Pour empêcher que les voiles hissées haut sur le navire ne le troublent, le chevalier lui fit couvrir la tête d’un surcot, ainsi par la suite il ne serait pas troublé. Le navire avec le palefroi était à mi-chemin de la traversée du port, quand notre palefroi, bondissant du bateau, sauta dans la mer et y précipita avec lui le serviteur du chevalier qui le tenait par les rênes. Voyant cela du rivage où nous nous trouvions, mon mari et moi criâmes : « Saint-Yves, à l’aide ! ». A peine l’avions-nous dit que le serviteur apparut hors de l’eau et saisit un aviron du bateau.. Tout de suite alors d’autres l’attrapèrent du navire, et l’y déposèrent. Quant au palefroi qui avait la tête recouverte, il était agité par la houle. Ce que voyant, le chevalier dit « Saint Yves, rends-moi mon palefroi, et je l’amènerai à votre tombeau ». Aussitôt que le chevalier eut prononcé ce vœu, le palefroi tourna face à la houle sa tête toujours recouverte et s’en vint, tout droit, au rivage d’où il était parti, malgré le flot et le courant. Je ne me souviens ni du jour, ni de l’heure, ni du mois. Avec moi et mon mari assistaient à cela un assez grand nombre de gens dont j’ai oublié les noms… ».

Son mari, le chevalier Alain de Keranmes (ou encore Alain de Kaerritraes), âgé de 72 ans (témoin n°148) précisa : «J’ai vu il y a sept jours devant Dom Yves dans l’église de Tréguier un homme qui me semblait jeune, appelé Guy, prosterné sur le tombeau d’Yves Hélory. Je lui ai demandé ce qu’il faisait là ; il s’est redressé et m’a répondu qu’il était venu aveugle sur le tombeau de saint Yves, qu’il s’était voué à lui pour obtenir la vue et qu’il l’avait obtenue en l’invoquant. Je lui ait demandé d’où il venait et qui il était…Il m’a répondu qu’il était de Coat Croas, dans la paroisse de Langoat, et qu’il s’appelait Guy. J’ai rassemblé dans cette église ceux qui s’y trouvaient de cette localité. Beaucoup se sont présentés, que je ne connais pas. Mais ils m’ont dit que ce jeune homme avait été et était de cette localité, qu’ils l’avaient connu et vu aveugle pendant longtemps. J’ai alors établi la preuve que ce jeune homme voyait. Or il discernait et distinguait les robes et les étoffes et leurs couleurs, à lui et devant lui présentées. Il s’en est allé par ses propres moyens, et il a offert à l’autel le denier que je lui ai donné. Cela se passait il y a sept jours alors qu’on célébrait la messe en présence de beaucoup de gens dont je ne me souviens pas, et dont je n’ai pas gardé les noms. Moi-même et dame Théophanie, mon épouse, accompagnés de quelques gens de ma domesticité, voulûmes faire une traversée sur le port de mer nommé Lomber, au diocèse de Vannes, et, à cause du danger que présentait la mer, j’ai envoyé devant sur un bateau mon palefroi avec un valet, et j’ai placé devant les yeux du palefroi un petit manteau pour l’empêcher d’être troublé par la houle. Nous nous trouvions en mer à bord du bateau à une grande distance de la terre, dans un passage très périlleux où les marins devaient tirer deux ou trois bordées avant d’aller plus loin. Or le palefroi prit peur et se précipita dans la mer, et le valet avec lui. Devant cet accident j’ai tout de suite invoqué dom Yves comme ceci : « Saint Yves, je te recommande mon valet et mon palefroi pour que tu me les conserves ». L’invocation faite, le valet qui était tombé à la mer, apparut flottant à la surface des eaux. Les matelots lui tendirent un aviron ; il l’agrippa, et les matelots le hissèrent et le déposèrent à bord du bateau. Quant au palefroi, que la marée descendante emportait vers le large, il fit volte face contre les vagues, le vent et les courants contraires, malgré le petit manteau qu’il gardait sur les yeux et qui l’incommodait beaucoup en face des navires ; et il vint vers moi dans le port d’où il était parti. A la vue de ce miracle, ma femme et moi, et tous nos autres gens, avec notre palefroi, nous sommes allés en pèlerinage au tombeau de Saint Yves. Le palefroi lui-même est entré aussi vite qu’il a pu dans l’église de Tréguier où repose le corps de Saint Yves, et tout le temps qu’il y est resté, il n’a pas cessé de hennir comme pour remercier, alors que ce jour-là, quand on le menait, il ne hennissait pas et que par ailleurs il n’était pas dans ses habitudes de hennir. J’ai la ferme conviction, et c’est de notoriété publique, que si mon valet et mon palefroi ont échappé au danger de la noyade, ils le doivent à l’invocation de Saint Yves. Assistaient à l ‘événement des familiers, les marins dont j’ai oublié les noms et mon épouse. Quant à la date, je ne m’en souviens pas, pas plus que du nom du valet ni de son lieu d’origine… ».

Il faudra encore patienter dix-sept ans (1347, quarante–quatre ans après sa mort) pour que Yves Héloury devienne un Saint honoré le 19 mai (grâce à Clément VI, pape d'Avignon). Il fait, depuis, l'objet d’un culte toujours vivant. Patron des juristes et avocats, patron aussi de la Bretagne avec sainte Anne, saint Yves a acquis une renommée bien au-delà du Trégor. A Trédrez et à Saint-Michel-en-Grève, son souvenir se perpétue à travers divers lieux ou monuments : on connaît sa fontaine, près de Toull Bili en Trédrez, son lit, un amas de rochers au-dessus de la Lieue de Grève, son oreiller (note 2), une pierre scellée maintenant à l’entrée du cimetière de Trédrez, le pavé, ce passage qu’il empruntait pour se rendre du presbytère jusqu’à l’église de Trédrez (la tradition affirme qu'il ne pousse jamais sur ce sentier une seule herbe qui puisse effacer la trace des pas du saint).

Saint-Yves et son rocher au-dessus de la Lieue de Grève

Saint Yves sur un amas de rochers au-dessus de la Lieue de Grève (A. Thiry)

Chef de Saint Yves

Le Chef de Saint-Yves

Note 1 : Keranmes (ou Keranraiz /Keranrais) Alain était marié à Tiphaine de Pestivien. La famille de Keranrais donne deux champions au combat des Trentes (Alain et Ollivier son oncle). Alain de Keranraiz appartenait à une branche cadette de la maison de Keranrais de la paroisse de Plouaret. L’aîné de cette famille était au XIV siècle, seigneur de Runfao, en Ploubezre et de Keranrais. Le fief de Runfao comprenait les paroisses de Ploubezre, Loquivy-les-lannions, Buhulien, Ploulech, Saint-Michel-en-Grève, Tréduder, etc… Les seigneurs de Keranrais et de Runfao (paroisse de Ploubezre) étaient très puissants au Moyen-Age. Ils avaient le droit de haute justice. Jeanne de Plusquellec épousa Evon de Keranrais, seigneur de Keranrais et de Runfao (en 1350 environ). Elle ne laissa qu’une fille, Anne dame de Keranrais, etc.. , laquelle épousa : 1er Olivier, vicomte de Coetmen dont elle n’a pas eu d’enfants ; 2° Jean de Montauban, seigneur dudit lieu. Elle mourut vers 1499. Les possessions allèrent en 1499 après le mariage de Marie de Mautauban, dame de Keranrais dans la maison de Rohan-Quéméné puis aux Hay de Bouteville et enfin à la révolution aux Boiséon.

 Note 2 : D’après Luzel (Notes de voyage), l’oreiller de St Yves « est un bloc de quartz bleu, informe, fruste, et ne présentant aucune particularité. Plusieurs fois, cette pierre avait été enclavée dans des talus et clôtures de champs ; mais elle en était toujours enlevée, on ne sait comment, ni quand, et bientôt on la retrouvait à la place où on l’avait prise, dans un chemin, près du bourg. Les paysans disaient que Saint Yves, dans ses nuits de pénitence et d’ascétisme extrême, n’avait pas d’autre oreiller, et ils respectaient cette pierre, se signaient quand ils passaient près d’elle, et même, la nuit, plus d’un venait, secrètement, placer sa tête à l’endroit où avait souvent reposé celle du Saint. Un des derniers recteurs de Trédrez a fait transporter au presbytère l’oreiller de Saint Yves, comme une relique précieuse ».

Note 3 : Les Bretons ont leur Saint-Yves à Rome. En effet le cardinal Alain de Coëtivy, alors évêque de Quimper, obtient du pape Nicolas V la concession d'une petite église, construite au XIIème siècle, dans le coeur de Rome, à deux pas de Saint-Louis-des-Français et de la place Navone. La communauté bretonne des Bretons y construisit un hospice, aujourd'hui disparu. Par une bulle datée du 16 septembre 1455, le pape Calixte III ratifia cette concession, alors que la Bretagne n'était pas encore rattachée à la France. Des différentes églises que la France possède à Rome, celle de Saint-Yves-des-Bretons était la plus ancienne et la plus intéressante au point de vue archéologique. 

Voir Institution d'un pénitencier breton à Saint-Pierre de Rome

Voir l'Eglise Saint-Yves-des-Bretons 

Voir les inscriptions de Rome concernant la Bretagne.

Note 4 : son manoir en ruine (en Minihy-Tréguier) est démoli en 1827 par Mgr Quelen, archevêque de Paris, reconstruit en 1834 par M. Guillerme, le maire de Tréguier, et incendié par accident en 1907.

Note 5 : En plus du grand pardon de Saint-Yves au mois de mai de chaque année, une cérémonie traditionnelle a lieu fin Octobre dans la cathédrale de Tréguier depuis le 29 octobre 1347, après la canonisation de saint Yves. Il s'agit de " la petite Saint-Yves " ou " petit pardon de Saint-Yves ".  En effet 44 ans après la mort de saint Yves, Mgr. Richard du Poirier, évêque de Tréguier, recevait une bulle rédigée en Avignon par le pape Clément VI, autorisant " la célébration solennelle de la translation des reliques du bienheureux Yves Hélory ". La pierre sépulcrale était alors relevée dans la cathédrale où reposait Yves. Les ossements de son corps, parfaitement conservés, sont exhumés pour permettre la vénération des reliques. Le chef de Saint Yves est mis dans un reliquaire en argent doré pour être offert à la vénération des fidèles.

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