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LES GRANDES EPIDEMIES DE PESTE A NANTES.

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1° Peste Nantaise en 583, probablenent petite vérole. — Grégoire de Tours l'appelle " lues cum vesicis, pustulae " (De miraculis sancti Martini, III, 34).
Combien de victimes ?  Quel traitement médical ? Quelles mesures administratives ? L'histoire se tait sur tout cela.

2° Peste en 591. — Processions ordonnées par l'évêque de Nantes NONNICHIUS.

3° Peste en 1160 .....

4° Peste en 1222, sous Pierre de Dreux. — Celle-ci dut être favorisée par un grand remuement de vases dans l'Erdre et la Loire, Pierre de Dreux ayant détourné ou seulement resserré le lit de l'Erdre, dans la traversé de Nantes, et creusé deux ports sur la Loire : 1°. le port de Pierre de France, près de l'église de Sainte-Radégonde aujourd'hui disparue ; 2°. le port de Briand-Maillard, du nom de l'entrepreneur, au bout de la rue de ce nom.

5° Peste au XIVème siècle. — C'est la peste noire, appelée ainsi des pétéchies dont elle bleuissait la peau. Appelée encore la mortalega granda, la grande mortalité, avec raison, puisqu'on évalue ses victimes, en Europe, à 25.000.000. — Elle a dû sévir sur Nantes, comme sur toutes les autres grandes villes de France. Cependant, silence de nos historiens.

6° Peste en 1404. — Le comté de Nantes est affligé d'une grande mortalité : « Mais le jour de la translation de Saint-Martin, qui est le quart de jour du mois de juillet, s'assembla le clergé de Nantes. Assemblée moult solemnelle et devote, car clercs et laiz etoient tous nus pieds et confez et portoient les reliques des saincts par toutes les églises de la cité ; après laquelle procession cessa le mal sur terre et au païs » (Le Baud).

7° Peste en 1487 [Note : Qu'on ne perde pas de vue qu'il s'agit toujours ici que des GRANDES ÉPIDÉMIES, des grandes pestes. En plus de celles ici énumérées, l'histoire en mentionne beaucoup de petites], à la levée du siège de Nantes par le roi de France Charles VIII. — Probablement je typhus : « Le 16 août, année suivante, le conseil de la ville fit publier au bourg du Pellerin, à l'assemblée qui s'y tenait, défense à ceux qui étaient d'un lieu où il y avait de la contagion, de ne point passer par Nantes à leur retour » (Travers). Cette première et faible indice locale, de police sanitaire, donne occasion de rappeler que c'est du règne de Jean II, surnommé le Bon, que date en France la création de cette police sanitaire dont l'Italie eut cependant la glorieuse initiative ; car les premières ordonnances de salubrité publique furent publiées en 1374, par  Bernabo Visconti, duc de Milan.

8° Peste en 1501. — « Audit temps, la peste eut cours et mourut 4.000 personnes et plus, et demeura Nantes quasi inhabitable de la plupart des gens de puissance... Les grands vicaires furent du nombre des fuyards... (Le Compte du Miseur). Bougie offerte à Saint-Sébastien, qui mesurait 2.000 brasses et faisait le tour de la ville ».

9° Peste en 1522. — François Ier était à Nantes. Deux sergents, gagés à 3 liv. par mois, sont chargés d'exécuter les précautions anti-épidémiquqs qu'en employait alors, et qui consistaient à faire évacuer les maisons dans lesquelles étaient morts des pestiférés et à les sceller du sceau de la ville, en signe d'interdiction.

10° Peste en 1529. — Précédée et occasionnée comme toutes les autres par une disette. (Guépin).

11° Peste en 1532. — Au typhus, qui fait de nouveaux ravages, se joint la syphilis dans toute l'horreur de sa première apparition. « Cette maladie fut occasionnée par le long séjour du roi François Ier à Nantes, tant la cour avait beaucoup de gens infectés du mal de Naples » (Travers). « Cette maladie était un présent que les Epagnols reçurent du Nouveau-Monde en échange des calamités qu'ils y portèrent... Naples surtout, où les Espagnols étaient alors très-puissants et très-nombreux, fut promptement infectée de la maladie ; c'est là que nos Français, pendant les guerres d'Italie, allèrent la chercher » (Meuret). — Les syphilitiques, les nouveaux pestiférés furent internés par ordre dans une maison louée, à cet effet, et appelée l'Anerye, qui devint par agrandissenent, le Sanitat du bas de la Fosse, démoli aujourd'hui et remplacé par l'hôpital de Saint-Jacques.

12° Peste en 1545. — Aux sergents qui frappaient d'interdit les maisons fut ajouté un inspecteur. « Julien Martin fut commis, pendant dix-huit mois, pour visiter et faire le rapport des maisons de la ville et des fauxbourgs où il y avait contagion et des pestitérés » (Travers).

13° Peste en 1563. — « Item a esté achepté pour 43 sols 3 deniers de bonnes herbes, lesquelles estaient jettées et espendues chacun dimanche et bonnes festes, par l'Église, à cause de la maladie et qu'il sentait mal en la dite église » (Compte de Fabrique de 1562. Paroisse Saint-Nicolas).

14° Peste en 1569. — Celle-ci est la peste d'Orient avec son symptôme caractéristique : les bubons, MALADIE INGUINAIRE (Grégoire de Tours). Curieuse délibération municipale à ce sujet (Mardi, 10ème jour de mai 1569) où il est dit : « Il a esté proposé, etc.... que M. Pierre, demeurant à la Saulzaie, duquel en a esté pour de demande 200 liv., outre que les riches le paieront des drogues et pencemens qu'il leur administrera, et que il y a ung jeune homme au Marchix qui s'est offert à pencer les dits malades .... M. Roucaut le jeune examinera ledit jeune homme sur la théorique et la pratique ... afin que si on ne peult marchander avec ledit M. Pierre de la Saulzaie, on marchande avec ledit jeune homme ». La médecine au rabais ne date pas de nos jours, comme on le voit !

Julien Pesche, les autres chirurgiens ayant refusé de soigner les malades durant la peste, reçut en récompense, de la part de l'Administration : 1° la maîtrise ; 2° la place de chirurgien du Sanitat en cumul avec la place de chirurgien de la ville. Pour appointement il eut : « Le lieu, manoir, jardins, vignes, saulzaies, fruits et revenus, appartenances et dépendances de l'Asnerye.... aux conditions ..... entrautres qu'il ne pourra aller par la ville et forsbourgs quavec permission du gouverneur des poauvres et avec ... une grande écharpe rouge, et une grande verge blanche ... au bout de laquelle ... deux sonnettes de letton, et outre, criera et huchera Place !. Place ! ».

15° Peste en 1582. — Julien Pesche succombe. Jean Piot le remplace aux conditions de 20 écus d'or par mois, payés d'avance. — Somme énorme, qui témoigne et de l'effroi général et du peu de bravoure des médecins d'alors.

Un arrêté, le plus ancien sur la matière, interdit l'inhumation des pestiférés dans l'intérieur des églises. « Es eglises parochiales ne seront ensepulturés aucunls morts de contagion de quelque qualité qu'ils soient ». « En outre, sera ordonné qu'aucunes immondices soient mises ou gestées sur les rues tenues nettes et mundes, sous peine d'un escu d'amende applicable au Sanitat .... ».

« Seront faicts feus publics jusques un mois les jours de dimanche, mercredy, et vendredy, sur les sept heures du soir, en chachun carrefour, et, pour cet effet, tous les habitans fourniront chachun un fagot de bois sec, à peine de cinq sols d'amende ». — « Chachun dizainier fera rapport promptement de ceux qui seront tombez malades en leurs dizaines auxquels commissaires du dit Sanitat. — Seront établis commissaires en chachun cartier, gens de bien et d'honneur pour avoir l'oeil à ce que les ordonnances cy devant soient gardées ».

« On ne peut donner trop de louanges à la vigilance et à l'étendue de la charité de nos anciens magistrats » dit à cette occasion Travers. Leur chirurgien, au Sanitat, était payé de 10 écus d'or par mois ; mais ils proposèrent en vain le double pour avoir un médecin.

16° Peste à Nantes en 1595, pendant la ligue. — Cette contagion se combina avec une disette, un froid excessif, et une inondation, et fut toutefois moins désastreuse que les antérieures. Elle devint le sujet de deux ouvrages, l'un par Gabriel Clément, médecin attaché à la maison du roi ; l'autre, par le sieur Mello, docteur-régent en la Faculté de médecine de Nantes (Mellinet).

17° Peste en 1597. — Les médecins s'assemblent et rédigent une consultation dans laquelle ils prescrivent : « De faire sortir de la ville tous les vagabonds et de brûler la vieille paille des lits de l'hôpital, de tenir les rues propres, et d'y faire, trois fois la semaine, deux feux à deux cents pas de distance, de défendre la vente du pain chaud, et tout ce qui serait susceptible de provoquer la corruption ; de ne point faire usage de fruits verts ; de concombres , etc. ; d'interdire la circulation des porcs dans la ville ».

18° Peste en 1602.« La frayeur est générale ; et ce n'est qu'à des conditions très-onéreuses que la ville engage un ecclésiastique pour porter aux pestiférés du Sanitat les secours, spirituels, et un homme de l'art pour les visiter ». Pierre Silvestre, maître chirurgien, accepte aux conditions ci-après : — un logement rue de la Boucherie, proche de la porte de Sauvetout ; 10 écus d'or d'ameublement, et 70 écus par mois payés d'avance. Plus, une promesse de gratification un mois après la cessation de la peste, de 80 écus d'or ... C'était la peste d'Orient ; elle fut des plus meurtrières. Silvestre en fut victime et on ne put lui trouver de successeur.

19° Peste en 1612. — Aux moyens préventifs ci-dessus s'ajoute une défense de la part du Chapitre de faire sermons le dimanche dans les églises. Les Capucins et les Récollets bravèrent seuls la contagion, et en furent victimes. Le chiffre des personnes atteintes fut considérable, si on lui donne pour mesure le chiffre des dépenses ; car la ville paya, rien que pour médicaments, la somme de 15.000 francs.

19° Peste en 1631. — Toujours la peste d'Orient, qui sévissait cette année dans tout le Midi, apportée notamment à Montpellier par un capucin qui avait le charbon aux jambes.

Le traitement médicinal de cette époque est connu.
Vomitif avec : huile d'olive ou de noix battue dans de l'eau tiède et quelques gouttes de vinaigre.
Lit chaud et renouvellement de linge.
Boissons : de l'eau ou tisane de chardon bénit, de germandrée, etc., avec un peu de thériaque pour provoquer la transpiration. Puis, bouillon acidulé avec chicorée ou jus de citron.
Pansement des bubons avec cataplasmes d'oignons cuits dans la cendre, thériaque, levain de froment, etc.
Ouverture, et, au moyen d'une goutte d'huile bouillante, cautérisation des charbons ; puis, application d'un onguent fait avec jaune d'oeuf, huile et sel.

20° Peste en 1636. — Toujours celle d'Orient. Les remèdes, cette fois, restant inefficaces, le bureau de la ville, sur l'avis du procureur-syndic, proposa des prières publiques. L'épidémie continua jusqu'en 1641.

L'hôpital d'Erdre, dit encore Notre-Dame-de-Pitié, fut jugé par trop insalubre, environné qu'il était des eaux marécageuses de l'Erdre et des émanations de 3 cimetières : celui des Pauvres, celui des Suppliciés et celui des Calvinistes. En conséquence, fut décrétée l'érection d'un nouvel hôpital, prairie de la Magdeleine, justement l'Hôtel-Dieu actuel, qui doit lui-mêne, à son tour, être remplacé.

Il faut souligner que la peste était jadis un nom générique placé par nos ancêtres sur des épidémies extrêmement diverses, diverses de symptômes, de provenance, d'étiologie, de malignité, de traitement.

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Note : Pour éviter ces épidémies, trois propositions seront mises en avant :
1° Modification architectonique de la ville de Nantes.
2° Suppression des inhumations au-dedans des églises.
3° Établissement des lazarets et des quarantaines.

MODIFICATION ARCHITECTONIQUE. — Pour passer de l'insalubrité féodale à l'hygiène des temps modernes. « Les murs et les portes qui resserraient la ville ont été abattus. Les remparts du moyen-âge et de la ligue ont disparu, l'air et la lumière pénètrent dans les rues étroites, sinueuses et sombres des siècles passés..... Elles vont être élargies et pavées, des égoûts vont être construits.... Sortant de sa vieille et triste enceinte, Nantes, qui n'est plus la capitale des ducs, mais qui est appelée à devenir une des capitales du commerce, s'étend sur son beau fleuve. La création de la nouvelle cité date de Gérard Meslier, magistrat populaire, si justement orgueilleux du plus beau titre que peut ambitionner un citoyen ».

INHUMATION A L'INTÉRIEUR DES ÉGLISES. — Fait significatif. - « Jusqu'en 1760 , trois paroisses faisaient leurs inhumations dans le seul cimetière de Saint-Clément, lequel n'avait que 170 pieds de long et 132 de large ». L'intérieur des églises servait comme de supplément forcé aux cimetières ; on enterrait beaucoup dans les églises paroissiales de Sainte-Radégonde, Saint-Laurent, Saint-Denis, Saint-Vincent. Le 10 septembre 1760, les recteurs et les délégués de ces paroisses font appel contre ces inhumations malsaines et délétères à l'autorité du duc d'Aiguillon. Mais l'opiniâtreté des usages et la divergence alors des Pouvoirs locaux ont fait qu'il n'a fallu rien moins que la révolution pour mener à fin cette réforme des sépultures.

LAZARETS ET QUARANTAINES. — La question des quarantaines a donné lieu à plusieurs polémiques sur leur abolition ou leur maintien. Les quarantaines contre la peste du Levant [Note : Sur cette peste du Levant, M. G. Leborgne met en présence deux opinions diverses : 1° Celle de Papou et Lassis, qui paraissent la confondre avec toutes les autres ; 2° Celle de Pariset, qui lui donne pour date précise d'apparition l'année 542 de l'ère chrétienne ; et pour cause génératrice, la putréfaction des corps qui cessèrent d'être embaumés comme dans l'antiquité, et ne furent plus qu'enfouis à peu de profondeur dans le sol ou dans des cavaux mal clos] et les bureaux de santé maritime furent établis à Nantes dès 1720 et 1721, par ordre du maréchal d'Estrées et sous l'administration Meslier.

(J. Foulon).

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