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LE COLLÈGE DE TREGUIER DEPUIS SA FONDATION JUSQU'A NOS JOURS. |
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Tréguier était une ville importante autrefois, charmante encore aujourd'hui, bâtie sur un des sites les plus pittoresques du littoral breton. Assise au confluent de deux rivières, le Jaudy et le Guindy, elle surveille leurs deux vallées et étale son beau port, devant les navires qui s'y rendent de tous les pays du monde.
La date de sa fondation se confond avec la destruction de Coz-Yeodet, la Lexobie bretonne, dont elle fut la continuation pour le siège épiscopal. C'est ce qui a fait sa gloire, sa réputation, ainsi que sa richesse, et aujourd'hui qu'elle est dépouillée de cette glorieuse couronne, il ne lui reste autour de sa vieille cathédrale que son collège et la foi toujours vive qui fit éclore, à sa porte, saint Yves, le grand saint et avocat breton, de plus en plus vénéré par ses compatriotes.
Comme il y a toujours eu des écoles autour des cathédrales et jusque dans le palais des Evêques, on peut croire que cet élément de foi et de civilisation ne manqua pas au pays de Tréguier. Dès le milieu du XVème siècle, un des chanoines de la cathédrale, Guillaume de Coatmohan, seigneur de Guernachanais en Plouaret, avait fondé à Paris, dans une maison qui lui appartenait sur le coteau de Sainte-Geneviève, un collège pour trente-deux jeunes gens de son pays, dont il se réservait de présenter le quart. Ces jeunes gens pouvaient ainsi continuer leurs études à peu de frais, et ceux qui entraient dans l'état ecclésiastique en revenaient ordinairement docteurs en théologie. C'était le collège de Tréguier à Paris, augmenté de six nouvelles bourses par la générosité de Marie de Leverzault, fille d'honneur de la Duchesse Anne, qui épousa plus tard Mériadec Guiscanou.
Ce collège, qui a eu ses jours de gloire et a servi à l'éducation de tant de jeunes bretons, a vu se grouper autour de lui d'autres collèges encore du pays de Bretagne. Il est devenu dans la suite le Collège des Quatre-Nations, puis aujourd'hui le Collège de France.
Nous trouvons vers la même époque (1365), lors de la visite du duc Jean V à la ville de Tréguier, énumérée parmi les privilèges accordés par le Duc, l'exemption de toute contribution sur le collège. S'agit-il du chapitre ou plutôt d'une institution dirigée par les chanoines pour l'instruction des clercs ? Cette dernière supposition est la plus probable, d'autant plus que la maison qui a toujours eu cette destination, porte depuis le nom de collège, et l'écusson qui se voit sur sa porte d'entrée est bien celui des Bégaignon : d’azur fretté de gueules, famille à laquelle appartenait l'Evêque de Tréguier à cette époque, Even de Bégaignon, mort cardinal à Rome.
L'histoire de ce collège n'a pas été faite, sans doute, puisque personne ne l'a encore découverte dans nos chartes et archives. Nous n'avons pas nous-même la prétention de la faire, n'ayant pour cela ni les éléments nécessaires, ni les loisirs voulus. C'est seulement un souvenir que nous voulons consacrer à cette ancienne Maison de Tréguier, où nous avons passé de si bonnes années, en rappelant les noms de ceux qui y ont étudié, comme nous, et dont les familles sont toujours les plus fermes soutiens de ce collège.
Ce n'est qu'au XVIIème siècle que nous trouvons les registres très bien tenus dans les églises et les communautés religieuses. Dans un de ces registres, lors d'une profession religieuse au couvent des Dames hospitalières de Tréguier, un prêtre, du nom de Jean Houarnai, signe : principal du collège de Tréguier, en 1679.
Si c'est la première pièce authentique, elle indique au moins l'existence d'un établissement en plein exercice, datant par conséquent de plusieurs années. Un cahier de devoirs, que nous avons entre les mains, porte la date de 1682, et le propriétaire, qui fait sa quatrième, a soin de déclarer qu'il a appartenu à deux autres avant lui : hujusce libri ternus est possessor Yvo Barzic hic quartanus anno Domini 1682.
Il y avait donc une quatrième et d'autres classes aussi, sans doute, bien longtemps avant cette date, avec un programme peu varié, mais conforme à celui de l'Université de Paris, comme on peut s'en convaincre par les devoirs assez mal écrits que renferme ce cahier.
En 1711, c'est un Léon Riou, sacriste de la cathédrale et recteur de Trédarzec, qui ajoute à tous ces titres celui de principal du collège. Nous arrivons ainsi à l'année 1717, où l'on trouve les noms de ceux qui ont dirigé cet établissement, M. Baudour pendant plus de trente ans ; M. Nicolas pendant six ans, en 1757, avec le titre de recteur de Pluzunet ; puis Neuder qui devait être vicaire de Guingamp ; M. Bobony, sous qui le collège tomba en ruines et qui loua les Paulines-Neuves, pendant qu'on le rebâtirait. M. Lucas le remplaça pendant six ans et eut pour successeur M. Bastion, prévôt de la collégiale de Tonquédec, qui releva l'ancien collège, y rétablit les cours, et put être regardé comme le restaurateur de cette maison, puis se retira sept ans après à Sainte-Geneviève, à Paris, où il est mort.
M. Bastiou a eu pour successeur M. Ellés, qui n'y resta qu'un an, et fut remplacé par M. Laënnec qui, au bout d'un an aussi, regrettant peut-être sa stalle de chanoine, laissa le collège à son professeur de philosophie, M. Savidan, jeune prêtre de Botlézan, en 1791.
Il y avait encore 192 élèves. Les professeurs se nommaient : Bourgneuf, Corvez, Yves-Paul Morvan, Julien le Guilcher et Marion, de Trévérec, tous prêtres ou dans les ordres sacrés.
Les internes s'appelaient : de Kersauzic, les frères Hersart de la Villemarqué, Kernaëret, Jégou, Pitot du Hellès, le Gonidec, le Mintier, Malescot, de la Porte, de Kerinou, Grégoire-Guermarguer, Bernard, Croissant, le Hir, Delgoff, etc.
Le collège est fermé pendant 12 ans.
Il fut repris au nom de l'Université impériale en 1803, sous la surveillance d'un bureau d'Administration. Le citoyen Pérennès en est le directeur et a pour le seconder M. Rouxel, prêtre, et Tugdual Offret. Les pensionnaires s'appelaient : Nayrod frères, Huon frères, Beaumanoir frères, le Bouder, Kerallain, Tanouarn et Chaponnier, presque tous du pays de Lannion. Le nombre des élèves ne s'élevait qu'à 56 et le tout alla ainsi tant bien que mal pendant une douzaine d'années.
En 1808, M. Pérennès ayant été appelé à fonder un collège communal à Lannion, M. Toullic le remplaça comme professeur seulement. M. Offret prit la direction du collège et s'adjoignit comme régents M. Loisel et M. Trémel. Le cours primaire fut confié à M. Roullet, déjà connu par ses talents et ses qualités morales, au rapport du bureau. Le principal, qui d'après le même rapport devait réunir bien des qualités aussi, ne fut pas encore nommé, sans que nous en sachions bien la raison. Les membres du bureau se nommaient : Duportal du Goasmeur, Cavan, juge de paix, Pérennès, Moullec et Toullic.
Quatre ans après, M. Le Gall, maître-ès-arts de l'Université de Paris, fut nommé principal, après bien des difficultés, paraît-il. C'était un homme de valeur, et pendant trois ans qu'il dirigea le collège, il se montra à la hauteur de ses fonctions. Il avait en tout 90 élèves. En 1815, il y eut à peine quelques prix à distribuer : M. Paul Dieulveut, seul élève en seconde, eut un prix, et les quatre élèves de troisième, Rouxel, Offret, Abgrall et le Flem, se partagèrent assez bien les prix de cette classe. C'était aussi la fin.
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Voir
"L'école
ecclésiastique de Tréguier".
Voir
"L'ancien
collège de Tréguier".
Voir
"L'enseignement
et la piété au collège de Tréguier".
Voir
"Le
palmarès du collège de Tréguier en 1780".
Voir
"La distribution
des prix en 1781 au collège de Tréguier".
Voir
"Les
dernières années de l'administration de M. Bastiou au collège de Tréguier".
Voir
"Les
successeurs de M. Bastiou en 1787 au collège de Tréguier".
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Voir
"Reprise
du collège de Tréguier au 2 octobre 1803, sous l'administration de la Ville".
Voir
"Les
successeurs de M. Pérennès au collège de Tréguier".
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Retour du collège de Tréguier aux prêtres du diocèse.
Voir
"Le
collège de Tréguier et M. Quéré, son principal".
Voir
"Le
collège de Tréguier et M. Auffret, son principal".
Voir
"Le
Collège de Tréguier à l'ancien Séminaire de Tréguier".
Voir
"Correspondances
touchant l'acquisition du Séminaire de Tréguier".
Voir
"Correspondances
touchant le séminaire de Tréguier".
Voir
"Période
moderne, Auffret principal du collège de Tréguier".
Voir
"Période
contemporaine, M. Urvoy, supérieur du collège de Tréguier".
Voir
"Souvenirs
de M. Urvoy, puis M. Delangle, principal du collège de Tréguier".
(par un ancien élève, en 1895).
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